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thécaire en e-veille

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vendredi, avril 25 2008

Exclusion médiatique

Ma bibliothèque vient de s'abonner à Pref Mag. Lu dans l'édito du n° 24 (janvier-février 2008) : "La crise actuelle des banlieues est le symptôme d'un échec de société et celui de toutes les politiques menées depuis 2000. C'est autant la conséquence de l'exclusion sociale que de l'exclusion éducative et culturelle. Il faut qu'une bibliothèque brûle pour que l'on s'en émeuve."


Ce point de vue sur les banlieues, on aurait pu le trouver à peu près partout, depuis TF1 jusqu'aux colloques de chercheurs de disciplines diverses. Il est largement partagé, extrêmement consensuel. Il correspond (mais seulement partiellement, selon moi) à la réalité. Les discours misérabilistes, j'en suis gavée.

Hier et avant-hier, dans ma bibli de banlieue, nous avons eu l'immense bonheur d'accueillir un violoniste chinois surdoué de 14 ans, Chi Li, qui enregistre actuellement l'intégralité des sonates d'Eugène Isaÿe. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur ce blog. La rencontre tous publics de mercredi après-midi a réuni une soixantaine de personnes - la petite salle d'animations était bien pleine... Les plus jeunes avaient 5-6 ans, les plus âgés plus de 100 ans. Jeudi, deux classes ont eu le privilège d'entendre Chi Li et son professeur Gilles Colliard jouer "en vrai" : une classe de cours préparatoire et une classe d'adolescents avec des handicaps mentaux légers.

Ce furent des moments denses, magiques, d'une qualité exceptionnelle, une vraie rencontre avec la musique. Et la musique "savante", en banlieue, ça marche ! La beauté, ça marche avec tous les êtres humains, pas seulement pour quelques happy-fews!

Ce matin, déception : dans le quotidien local, une pleine page sur Chi Li, une photo de lui au milieu des rayonnages de livres, une photo de Gilles Colliard, une interview de Chi Li réalisée à la bibliothèque... mais à aucun moment il n'est fait mention du fait que tout cela a eu lieu dans cette bibliothèque-là. Comme si un événement culturel exceptionnel ne pouvait pas, ne devait pas avoir eu lieu justement dans cette bibliothèque-là. D'une certaine manière, cet article est mensonger.

Quand on parle de banlieue, c'est à la rubrique faits divers, pas en page culture, n'est-ce pas ? Puisqu'on vous dit que la culture n'existe pas en banlieue, lorsqu'il y en a elle tombe de manière très naturelle dans l'oubli médiatique.

Je bous. Heureusement, je suis en vacances ce soir. Cela me laisse une semaine entière pour décolérer.

mardi, avril 15 2008

Alors là, pas d'accord !

Voilà, dès que quelque chose fait plaisir, y'a tout de suite quelqu'un pour dire que c'est mauvais pour la santé ! Il paraît que des blogueurs sans modération seraient morts de ça, que d'autres seraient devenus insomniaques ou obèses...

Franchement, y'en a marre des tristes !

Ou alors c'est de l'ironie - quelquefois je prends les choses au premier degré...

Moi, les blogs, je trouve que ça favorise le transit dans les boyaux de la tête : comme dit la pub "ce que ça fait à l'intérieur se voit à l'extérieur".

Bloguons, buvons, fumons, mangeons du non allégé, faisons la sieste en plein soleil, marchons sous la pluie, n'ayons peur de rien !

mercredi, avril 9 2008

Si ça continue, on pourra plus buller

Chez mon buraliste, le prix des Malabar vient de passer de 10 à 15 centimes. Je m'insurge ! Ca fait trop cher la bulle ! Perfidement, je me dis qu'il sera bientôt plus cher de manger des saloperies que de fumer...

vendredi, avril 4 2008

"Crucifiction" : certains n'apprécient pas

En marge de l'exposition "Traces du sacré" qui ouvrira ses portes le 7 mai au Centre Pompidou, Mouvement ("l'indisciplinaire des arts vivants") consacre son n° 47 (avril-juin 2008) au nouvel esprit du sacré.

En couverture, "Crucifiction", une oeuvre du collectif de plasticiens Tarooop&Glabel. Elle n'est pas du goût de tous, ainsi qu'on pourra le lire ici !

jeudi, avril 3 2008

Pas de beethoven dans ma bib'

Parfois, j'hurle devant ma télé. Puis je rhurle en écoutant la radio.

L'info sur le "mosquito" (traduction française un peu étrange : le "beethoven") n'aura sans doute échappé à personne ; même TF1 a fait un sujet dessus. Il s'agit d'un petit boîtier diffusant des ultra-sons perceptibles uniquement par les moins de 25 ans, un répulsif acoustique destiné à faire fuir les jeunes. Plusieurs ont déjà été installés en Grande-Bretagne et au Benelux ; selon PPD, avec son style inimitable, "en France cet outil existe déjà, mais de manière assez confidentielle".

En bibliothèque, il arrive que les jeunes gênent - j'ai entendu plusieurs fois des collègues dire "Ils dérangent NOS lecteurs" ; il est quelquefois difficile de faire cohabiter des usagers dont les désirs et les besoins divergent grandement. La question du bruit et du silence revient régulièrement sur les biblioblogs.

En ce qui me concerne, je suis heureuse de voir autant de jeunes d'un quartier classé en zone urbaine sensible fréquenter très régulièrement ma bib'. Même s'ils font du bruit et ont des pratiques que Michel de Certeau identifie comme du "braconnage". Ils m'appellent parfois Madame Bibliothèque, parfois Madame, parfois par mon prénom. J'aime parler avec eux, rire avec eux, j'apprécie leur sens de l'humour. Je serais vraiment triste de ne plus les voir.

Je me pose une question : de quel cerveau malade est sortie cette invention ?

N.B. : en ce qui concerne Beethoven, le vrai, on en a plein à la discothèque...

lundi, mars 31 2008

Quand les épreuves sont trop grandes

A chaque fois que quelque chose est trop grand pour moi, je reviens à l'Abécédaire de Gilles Deleuze, un DVD de "philosophie concrète" comme il aimait à présenter sa conception de la philo.

Une collègue vient de subir une opération lourde ; je ne supporte pas l'idée qu'un chirurgien lui ait arraché un morceau d'organe vital. Je hais les médecins et les chirurgiens !

J'ai revu et réécouté aujourd'hui Deleuze à la lettre "M comme maladie", dont j'extrais quelques phrases auxquelles j'adhère totalement :

"La manière dont les médecins manient leur pouvoir me paraît odieuse. En tant que médecins, ils sont odieux."

"Ils sont trop incultes."

"Ma consolation, c'est qu'ils gagnent beaucoup d'argent mais qu'ils n'ont pas le temps de le dépenser vraiment".

Il ajoute : "Il faut se servir de la maladie pour être plus libre".

jeudi, mars 27 2008

Droits d'auteur

Entendu hier soir au 19-20 (France 3), alors que j'étais dans un état d'attention flottante : "Les droits de l'auteur sont respectés, mais pas ceux de ses victimes". Gloups !!!??@!? C'est Carnaval, oder was ?

J'ai tendu un oeil et une oreille : en fait, l'auteur en question, c'était Michel Fourniret, largement connu en tant que "monstre des Ardennes". La personne qui parlait, dont je n'ai pas noté le nom, vient de publier l'histoire de son calvaire sous le titre Sous France.

Autre info, un peu plus tard : "Des victimes accusent le Docteur Job". Les dieux rigolent, ou quoi ?

Quelques minutes après : "La larme est injustifiée". Peut-être était-ce plutôt "L'alarme est injustifiée" ?

vendredi, mars 21 2008

Municipales 2008 : un maire battu rencontre Allah

Bernard Murat (bleu), après deux mandats de maire à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) a été battu dimanche dernier par Philippe Nauche (rose).

Le quotidien régional La Montagne (édition de Brive), sans doute pour consoler le vaincu, lui a consacré hier une pleine page dans laquelle il a pu tout à loisir faire étalage de sa rancoeur. Rien de bien intéressant. Sauf une petite phrase qui peut faire bondir : "Inch Allah, comme on va dire maintenant à Brive".

Carton jaune, Monsieur le Sénateur ex-maire ! Carton rouge aux prochaines sénatoriales ?

lundi, mars 10 2008

Politique à l'emporte-pièce

Chartrier Ferrière est une charmante petite commune de basse-Corrèze, à la limite de la Dordogne et du Lot. J'ai mes racines là-bas et j'y ai passé une bonne partie de mon enfance.

Georges ("Jojo") Saule, le maire sortant, avec beaucoup d'enthousiasme et d'abnégation, a consacré sa mandature à essayer de sortir le village de sa douce léthargie : organisation de marchés de pays pour faire découvrir les produits locaux, fête de la truffe, pour ne citer que ces deux initiatives... Bravo Jojo !

Mais voilà, hier, les 287 votants ont passé beaucoup de temps dans le secret de l'isoloir, ils ont rayé des noms sur les bulletins ("coupé des têtes", comme on dit avec un petit rire mauvais), en ont ajouté d'autres.Il a fallu près de 4 heures pour dépouiller les 282 suffrages exprimés. Et là, horreur : les dix candidats qui figuraient sur la liste de Georges Saule sont élus, mais pas lui ! Que s'est-il passé ? Jalousie envers quelqu'un qui se bouge ? Malveillance ? Revanche de médiocres ? Jojo, je suis vraiment triste pour toi.

Commentaire désabusé de sa femme : "Au fond, ce n'est pas grave, comme ça il passera plus de temps à s'occuper de moi et moins de temps à rendre service à la commune".

J'apprends que dans les petites communes, les maires sortants sont souvent beaucoup plus sévèrement sanctionnés que leurs co-listiers. C'est vraiment injuste.


Dans la petite grande ville où je travaille, vis et vote, le maire a été réélu dès le premier tour, sans difficulté et sans surprise. Son commentaire : "Cela m'économisera une campagne de second tour".

mardi, février 12 2008

Infos du jour

Entendu tout à l'heure à la télé :

- les "grands" patrons français sont les mieux payés d'Europe : 6 000 000 d'euros par an en moyenne ;

- il y a de plus en plus de poux sur la tête des enfants en France, et ils sont de plus en plus résistants (les poux, pas les enfants)

vendredi, février 1 2008

Quand c'est trop lourd...

En sortant d'une réunion de bibliothécaires, j'essaie de retrouver un brin de sens de l'humour.

Petite histoire berbère : Un chamelier charge son chameau, un paquet, un autre, un autre, encore un autre (un chameau, c'est fort !). Le chameau ne dit rien (un chameau, c'est pas très bavard !). Encore un autre. Et puis un autre. Au bout d'un moment, le chameau sort de sa réserve et dit au chamelier : "Tu peux ajouter aussi ce tout petit-là, de toute façon je ne pourrai pas me relever".

Une petite phrase de Hermann Melville (dans The Confident-man, je crois) me revient aussi en mémoire : "Life is a picnic. En costume".

mercredi, janvier 30 2008

Nouveau métier

Créé à partir du générateur de couvertures parodiques repéré par Couvillencoul

jeudi, janvier 24 2008

Données chiffrées (à peu près)

Lu je ne sais plus où : "Maintenant qu'on roule à 30 et qu'on a tous arrêté de fumer, on va tous vivre jusqu'à 195 ans". D'après ce que je sais, la durée de vie moyenne au Kenya est de 18 ans (info approximative, à vérifier). Sans doute parce que dès leur plus jeune âge les enfants kenyans roulent à donf en fumant cinq paquets de clopes par jour.

lundi, janvier 21 2008

Maaaaaaare des livres mal traduits !!!!!!

Je m'attendais à un grand plaisir lorsque j'ai "attaqué" la lecture du roman de Norman Rush,  De simples mortels, publié il y a quelques mois chez Fayard. 850 pages, la CIA, le Botswana, c'était parfait pour des jours  tout gris d'hiver. Mais déception ! Il est traduit dans une langue qui ressemble énormément au français mais qui n'en est pas tout à fait, ce qui gâche tout le plaisir de la lecture. Je l'ai abandonné au bout de 30 pages, avec l'intention de le lire dès que possible en version originale. 850 pages en anglais, va me falloir quelques jours de vacances !

Ce n'est pas la première fois que je vis cette mésaventure et ça m'éneeeeeeerve ! Mesdames et Messieurs les éditeurs, lisez-vous les livres que vous publiez ?

vendredi, janvier 18 2008

C'est écrit dessus

J'aime bien boire mon café dans un petit bistrot qui fait aussi journaux et tabacs. J'aime bien aussi fumer ma clope en buvant mon café dans ce petit bistrot. Problème : depuis le 1er janvier ça peut coûter très cher : 68 euros pour moi, 135 pour le patron du petit bistrot + 750 euros pour le cendrier. Le patron du petit bistrot a donc eu une idée : à partir de demain il installe des poubelles de table sur lesquelles il a fait inscrire "Ceci n'est pas un cendrier".

Il y a eu bien peu de résistance à la loi sur l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics, qualifiée par TF1 de "révolution sans heurts". J'aime bien ce courageux patron de petit bistrot. Pour un peu, je le mettrais dans ma rubrique Beaux mecs...

mardi, janvier 15 2008

Genre humain

"Nous sommes tous les mêmes, en pire". C'est de Céline Curiol, dans Permission

samedi, janvier 12 2008

Le beau dos de Simone

L'immense Simone de Beauvoir aurait 100 ans. Certains se sont offusqués de la voir nue en couverture du Nouvel Observateur cette semaine. Mais qu'elle est belle ! Les journaux qui aiment mettre à nu les personnages publics devraient offrir plus souvent de telles couvertures. Pourquoi pas à l'occasion des futures élections ? Pourquoi pas des photos de groupe de notre gouvernement, de face ou de dos ? J'ose à peine imaginer...