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La vie à la bibli

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mercredi, avril 16 2008

Un peu... mais pas trop !

Une petite dame assez âgée s'approche : "TRRRouvez-moi un beau RRRoman d'amouRRR. Un peu... vous savez...? mais pas tRRRop quand même, hein !"

Accent du sud, R très roulés, visage très souriant.

J'essaie de lui faire préciser son cahier des charges. Surtout pas un roman historique. Pas une histoire qui se passe pendant la guerre. Une belle histoire, bien écrite. Pas trop moderne, mais un peu. Surtout, des scènes d'amour, mais pas trop crues : "J'aime pas quand ils montrent tout". Je lui propose que nous regardions ensemble une bibliographie "romans d'amour" établie récemment par des collègues. Elle ne veut pas. Ce qu'elle veut, c'est que JE l'aide à trouver SON livre : "Vous devez bien en connaître, vous !"

Elle précise : "Une fois, une bonne soeur m'en a fait lire un. Elle était bien coquine, celle-là". Ah ouais ? Je me branche sur ce qu'elle dit, tente d'entendre ce qu'elle ne dit pas. Pendant que nous nous promenons ensemble entre les rayons, je fais des fouilles dans ma mémoire. Qu'est-ce qui pourrait bien lui plaire ?

Soudain, elle tend le bras, attrape un livre en rayon, me remercie... et part vite le faire enregistrer. J'ai envie de la suivre pour voir ce qu'elle a choisi ; je me l'interdis. Pourquoi, parmi les milliers de livres à sa disposition, a-t-elle pris celui-là ? Lequel, d'ailleurs ? Qu'a-t-elle repéré au dos de ce livre ? Quel petit signe a pu rencontrer ainsi son désir ? Les couleurs ? L'épaisseur ? Un mot capté plus ou moins consciemment ?

Il est où, le coeur du métier ? Je me le demande, un peu... mais pas trop !

mardi, avril 15 2008

Musique vivante à la bibli

Y'a pas que le rap dans les zones urbaines sensibles !

Grâce à un partenariat entre la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges et le Centre culturel de Rencontre de La Borie, la bibliothèque du quartier de Beaubreuil accueillera mercredi 24 avril à 15 h un jeune violoniste chinois surdoué, Chi Li, et son professeur Gilles Colliard. Ils investiront l'espace avec des sonates du compositeur belge Eugène Ysaÿe, également violoniste et chef d'orchestre.

Alors, bienvenue à tous ceux qui voudront venir écouter de la musique à la bibliothèque de Beaubreuil mercredi prochain !

jeudi, avril 10 2008

Voler ou emporter ?

Un pré-ado a été surpris par une collègue alors qu'il sortait de la bibliothèque avec un CD (sans boîtier) non enregistré sur sa carte. Tentative de vol ? Peut-être. Mais un petit doute tout de même, ce jeune étant un nouveau venu. Pour les gens qui entrent dans une bibliothèque sans en connaître les règles implicites, celles-ci n'ont rien d'évident.

Moment de vie qui remonte à une dizaine d'années, juste après l'ouverture de la grande belle bibliothèque multimédia du centre ville :

Une vieille dame me dit un jour :

"Je ne savais pas qu'il fallait faire écrire les livres qu'on emportait.

- ...???... Que voulez-vous dire ?

- Oui, on m'a dit qu'il fallait les faire marquer.

- Effectivement, vous devez les faire enregistrer sur votre carte pour les emprunter.

- Les autres fois, je ne l'ai pas fait.

- ...??? Et ça n'a pas sonné quand vous êtes sortie ?

- Si, mais personne ne m'a rien dit.

- Vous avez fait ça plusieurs fois ? Et vous les avez ramenés ?

- Oui oui, à chaque fois. J'avais pas compris qu'il fallait qu'ils soient marqués. Et après, je les ai remis.

-  Vous avez réussi à les remettre à leur place ??  La bibliothèque est très  grande, non (15000 m2) ?

- Oui oui, je les ai reposés à peu près. C'est vrai qu'on s'y perd, ici.

vendredi, avril 4 2008

Pas de poisson d'avril à la journée d'étude de l'ADBGV...

Ci-dessous quelques notes prises le 1er avril lors de la journée d’étude organisée à Orléans par l’ADBGV, sur le thème « De l’utilité des bibliothèques publiques »

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>>>>>> DE LA MISSION CULTURELLE A LA FONCTION SOCIALE

        - Claude Poissenot, sociologue

        « Penser autrement la bibliothèque et ses missions »

(Cf. son site)

Remarque préliminaire : la hausse de fréquentation mise en avant par l’enquête CREDOC n’est pas documentée par d’autres sources.

Il faudrait se demander « comment sont les gens ? », plutôt que « comment devrait être le public ».

L’individu subjectif se pose comme étant « déjà-là » et veut être reconnu pour ce qu’il est ; si la bibliothèque essaie de transformer les usagers, elle n’est pas en phase avec ce désir. La question de la reconnaissance est particulièrement importante (gays,…).

Il est autonome et revendique le droit de choisir ses appartenances, ce qui est Incompatible avec l’idée d’une prescription, qui « ne marche que pour ceux qui sont d’accord ».

Il se veut libre et s’accommode mal des contraintes d’usage (inscription, horaires, dates de retour,…). Cf. le succès du wifi dans les bibliothèques qui le proposent.

Il cherche à s’inventer lui-même et s’attend à ce que la bibliothèque reconnaisse ses appartenances groupales. Il entretient un rapport mitigé à l’héritage (cf. la question des jeunes et de leur place en bibliothèque).

L’individu est SINGULIER, mais il ne se veut pas SEUL, d’où l’intérêt pour les bibliothèques de mettre en exergue des références communes.

En bibliothèque, il y a trop souvent un décalage entre ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce que l’on est. Il faudrait un discours clair sur des pratiques claires ; un « nouveau pacte » est à inventer.

       

        - Lise Bissonnette, Directrice générale de la bibliothèque et des archives nationales du Québec
        « Demain la bibliothèque »

Nouvelle tendance sociale : « l’individualisme grégaire ».

Bibliothèque de Montréal : 30 000 m2, 4 millions de documents, 2 200 places assises, budget 79 millions de dollars en 2008.

Trajet de la bibliothèque vers les fonctions sociales. Forte implication des milieux économiques et politiques. Au Québec, les communautés, très organisées, sont très présentes à la bibli.

Inquiétudes : le modèle américain, qui se répand de plus en plus, peut entraîner des dérives : virage utilitariste (cf. universités), risque de déclassement des fonctions culturelles des bibliothèques publiques.

Au Québec, la bibliothèque est devenue une alternative à un système scolaire et universitaire déculturé, une école libre dans la cité (id° Internet).

BIBLIOTHEQUE COMME LIEU LE PLUS DESIRABLE DANS LA CITE.

BIBLIOTHEQUE COMME LIEU DE RESISTANCE.

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>>>>>> L’USAGER ACTEUR DANS UNE BIBLIOTHEQUE ACCUEILLANTE ET OUVERTE

        - Frédéric Bergot (wiki-Brest) et Lionel Dujol (Everitouthèque)

        « La participation de l’usager »

La banque de prêt devrait devenir plus transparente.

Idée d’e-usagers. Actuellement, 600 contributeurs à Wiki-Brest

Blog comme outil de cohésion de l’équipe.

      

        - Bénédicte Gornouvel, Conservateur à la bibliothèque de Rennes Métropole

        « Un dimanche après-midi aux Champs libres »

La bibliothèque de Rennes se trouve dans un espace intégré qui offre des animations. Elle est ouverte tous les dimanches après-midi de 14 h à 19 h, du 1er octobre au 30 avril.

Gros succès : jusqu’à 4 000 entrées, + de 3 000 prêts par dimanche, mais pas de prestations particulières. Public différent des autres jours.

Pour le personnel des catégories B et C : au choix, heures récupérables ou rémunérées (1 heure = 1 h 40).

11 titulaires (dont un cadre « volant ») + 17 vacataires pour faire vivre les 7 espaces.

Les nocturnes (mardis jusqu’à 21 h) sont en revanche un moment creux.

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>>>>>> Table ronde « LA FONCTION DE DIRECTION DANS UNE BIBLIOTHEQUE A DIMENSION SOCIALE»

La fonction de diffusion de la culture est incluse dans une fonction plus large : le directeur gère un outil de mutualisation de la production culturelle.

Il/elle doit posséder 3 qualités : être sociologue, bon communicant, bon manager.

Le personnel doit être pris en compte en tant qu’acteur du système, au même titre que les élus, les partenaires, le public.

mercredi, mars 19 2008

1 djeun ma traiter...

... de "Madame Bibliothèque".

Un autre s'étonne que je sois "vraiment" la directrice - j'aime bien me la péter avec les jeunes.

Il me demande si je suis payée pour faire ce travail. Petit insolent !

Si ça continue, je leur colle une CCJBB (Charte du Comportement du Jeune de Banlieue en Bibliothèque). Non mais !

lundi, février 11 2008

Portique anti-vol

Les cons sonnent.

Et les voix yellent ?

mercredi, février 6 2008

Bibliothèques de banlieues : quelques conseils pour faire fuir les jeunes

Dans ma bibliothèque de banlieue, les jeunes du quartier sont très présents : ils ont bien compris que c'était un lieu d'accueil où ils pouvaient trouver tout autre chose que des livres auxquels ils sont indifférents. Très bien. Mais voilà, ils se promènent, stationnent, font du bruit, ne sont pas très "policés"  (sans mauvais jeu de mot), ont parfois des jouets interdits (lance-pierres, couteau, pistolet à bille,...), sèment des papiers par terre, ne respectent pas toujours le personnel ni les autres lecteurs. Bref, c'est bien qu'ils soient là, mais nous devons leur faire comprendre à quel point leur présence est gênante. Double contrainte pour Madame Thécaire - il paraît que ça peut rendre fou...

Les solutions existent pourtant pour éviter ça :
- interdire la bibliothèque aux mineurs de moins de 15 ans non accompagnés d'un adulte : comme ils ont rarement un adulte disponible pour les accompagner dans leurs loisirs, cela peut être radical !
- supprimer tout accès à Internet : pas mal, ça aussi !
- corriger dédaigneusement toutes leurs fautes de français - c'est vrai, quoi, ils parlent pas bien la France !
- décider que la bibliothèque est interdite aux chiens et aux enfants - avec le risque que la S.P.A. prenne la mouche
- apposer un panneau "espace réservé aux chercheurs sur autorisation" à l'entrée de la bibliothèque. Ouaf ouaf, on rigole !
- imposer aux jeunes des rencontres avec la police tous les mercredis et samedis après-midi - ambiance fun !

Si vous avez d'autres suggestions, n'hésitez pas à m'écrire : blog.thecaire@laposte.net. Depuis quelques jours il n'est plus possible de mettre des commentaires sur ce blog (la faute à Monsieur mi-blog), mais je me ferai l'écho de toutes vos idées. Merci

samedi, janvier 26 2008

Un jeune

Adel B. vit dans une zone urbaine sensible. Il a 17 ans, il est algérien et habite en France depuis quelques années. Il vient à la bibliothèque tous les jours, pas pour les livres, non, mais pour Internet (il aime bien regarder des clips de rap ou des matches), pour lire l'Equipe, feuilleter Courrier International. Il est parfois facétieux : un jour, il a installé un portrait de Ben Laden en fond d'écran... pour faire rire ses potes. Il est silencieux, taciturne, communique très peu avec Madame Thécaire.

Un jour, pourtant, il demande à Madame Thécaire ce qu'il faut faire pour travailler à la bibliothèque. Elle lui répond qu'il faut faire des études et passer des concours difficiles. Eh ouais, la vie est dure ! Ou bien, se débrouiller et avoir de la chance : commencer par un stage, par exemple.

Adel B., en échec scolaire, a la possibilité d'intégrer un PIIM (parcours individualisé d'initiation aux métiers). A la surprise de l'équipe pédagogique de son collège, à l'étonnement de ses potes, il dit qu'il aimerait faire son stage à la bibliothèque de son quartier, un lieu qu'il connaît bien. Adel à la bibliothèque ! Un garçon comme lui ! Ben ouais ! Et il est là, depuis quelques semaines, toujours à l'heure, de plus en plus ouvert, souriant, de plus en plus intéressé, désireux de découvrir tous les aspects du fonctionnement de la bibliothèque. Il aide l'animateur multimédia à initier les séniors au maniement de la souris et du clavier (ça, c'est vraiment difficile), il fait du prêt (même les livres...), de l'équipement, il participe aux réunions, il apprend plein de choses qu'il ne soupçonnait pas, il discute. Le dispositif PIIM lui permet d'avoir deux jours par semaine de suivi scolaire individualisé, au cours desquels il est invité à réfléchir à son expérience en entreprise et à affiner son projet professionnel.

C'est tout bon, ça, un vrai bonheur pour Madame Thécaire...

Adel a créé sa playlist. Ecoutez-la !

mercredi, janvier 23 2008

Le premier jour

Là, je m'adresse aux collègues qui travaillent en bibliothèque : vous souvenez-vous de la première journée que vous avez passée sur votre lieu de travail ? Moi oui, et je me rends compte que c'est le cas de beaucoup d'entre nous. Mon premier contact avec cet univers, il y un peu plus de 10 ans : une collègue me dit "Nous, dans la profession, on n'aime pas les gens qui sont reçus aux concours, parce qu'ils débarquent et ils ne savent rien faire". Ca tombait bien : j'étais reçue au concours, je débarquais et je ne savais rien faire... et j'étais bien contente d'avoir trouvé un vrai job après quatre ans de galère. Je me suis accrochée, mais ça ne s'oublie pas ! Autre expérience, plus récente : reçue au concours de bibliothécaire, je suis nommée responsable d'une bibliothèque de quartier. Comité d'accueil, mot de bienvenue dès le premier jour : "On n'a pas besoin de toi ici, on n'a pas besoin d'un cadre". Bon, ben, c'est sympa comme milieu, mais faut quand même que je gagne ma vie !

Forbidden by proxy

Il y a quelque temps, la cyberbibliothécaire que je suis en train de devenir s'est heurtée à une difficulté inattendue : une petite fille de 8 ans lui a demandé pourquoi, lorsqu'elle cherchait "jeux de fille" sur Google, elle obtenait comme réponse "forbidden by proxy". Bon ben, silence, je me sens gênée, plus je me sens gênée plus ça me gêne, je rougis, je bafouille, je bégaie en me disant que j'étais vraiment pas pro et que je devais à tout prix trouver une réponse acceptable. je l'aide à faire sa recherche à partir d'autres mots. Sa mère, qui assistait à la scène, a souri.

Dur dur, la vie des filles !

lundi, janvier 14 2008

Couv. ill. en coul.

Dans la profession, on a (parfois) de l'humour et on aime bien (parfois) se moquer de nos petits et gros travers. Le concepteur du site http://couvillencoul.wordpress.com amuse ainsi ses petits camarades avec des vidéos et des photos qui devraient faire rire jaune les bibliothéconomes, bibliothéconomiseurs, bibliothéconomistes et autres fantômes qui hantent les bibliothèques. Moi, j'aime bien !

vendredi, janvier 11 2008

Pourquoi ?

Deux sociologues se demandent "Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ?" (à consulter sur www.laviedesidees.fr/Pourquoi-brule-t-on-des.html). Cette question, et les pages de réponse qui suivent, m'agacent. J'ai envie d'apporter une contribution un peu provoc : quand tout brûle, pourquoi pas les bibliothèques ? Y aurait-il des petits anges qui étendraient leurs grandes ailes pour protéger ce que nous concevons trop souvent comme des paradis ?


Posons d'autres questions :
Pourquoi accorde-t-on plus d'attention aux violences commises par des jeunes de banlieue qu'à d'autres formes de violence tout aussi révoltantes ?
Pourquoi les policiers sont-ils moins courtois avec les jeunes rebeus et renois qu'avec le reste de la population ?
Pourquoi la couleur de la peau est-elle un critère de discrimination, plutôt que la couleur des cheveux ou la longueur des doigts de pieds ?
Pourquoi les sociologues observent-ils plus volontiers la vie des pauvres que celle des riches ?
Pourquoi faut-il des pauvres pour que les riches existent ?
Pourquoi faut-il des papiers pour avoir droit à une identité ?
Pourquoi classe-t-on les gens suivant des catégories très discutables ?
Pourquoi s'acharne-t-on à dresser les gens les uns contre les autres ?
Pourquoi avons-nous si souvent peur les uns des autres ?
Pourquoi des agriculteurs saccagent-ils le bureau d'une ministre ?
Pourquoi déversent-ils du fumier devant les préfectures (un grand classique, mais c'est vraiment dégueulasse) ?
Pourquoi la télé nous prend-elle pour des cons ?
Pourquoi est-il toujours plus difficile de vivre simplement ?

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