Vacuoles
Par thecaire le mercredi, avril 23 2008, 08:59 - Philosophie pour les rêveurs - Lien permanent
Deleuze encore et toujours, in Pourparlers :
"(...) le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n'empêchent pas les gens de s'exprimer, elles les forcent au contraire à s'exprimer. Douceur de n'avoir rien à dire, droit de n'avoir rien à dire, puisque c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d'être dit. Ce dont on crève actuellement, ce n'est pas du brouillage, c'est des propositions qui n'ont aucun intérêt."




Commentaires
Quand on parle, ce n'est pas toujours pour dire quelque chose, mais cela dit toujours quelque chose, mème à notre insu.
Parler du temps, parler de rien, parler pour ne rien dire (ça me rappelle le sketche de Devos - Mesdames et messieurs ... Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire. Oh ! je sais ! Vous pensez : "S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire !"Evidemment ! Mais c'est trop facile ! ... c'est trop facile !Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ? -
Au fond, c'est aussi toute l'importance du palabre,surtout oriental mais pas seulement : Il faut commencer par parler pour ne rien dire avant de commencer à parler pour dire quelque chose ...
C'est un peu comme cela que je comprends la formule: "c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d'être dit."