Pour les Chinois, la France c'est Fa guo, littéralement "le pays de la loi".
Pour les blogueurs, bloguer c'est s'ouvrir un nouvel espace de liberté (après avoir surmonté les quelques difficultés techniques que l'on rencontre au début...)
Mais, voilà, très vite se pose la question de ce que l'on a le droit de faire ou pas, juridiquement et moralement. Si je veux parler d'un livre, puis-je agrémenter mon billet d'une photo de sa couverture trouvée sur internet ? D'un extrait qui est là seulement comme une invitation à la lecture ? Puis-je parler des petits faits marquants de la vie quotidienne dans ma bibliothèque sans que ma collectivité en prenne ombrage ? Si des paroles ou des actes de la vie politique (= publique) me font réagir, ai-je vraiment toute liberté pour en parler sur mon blog ? Si je trouve une belle photo et si j'ai envie de la montrer (= offrir, en quelque sorte quelque chose qui ne m'appartient pas), je le fais ou pas ? Si je découvre un artiste que j'ai envie de faire connaître, comment le faire sans montrer ses oeuvres ?
D'autre part, que faire de certains commentaires haineux ou nauséabonds ? Les garder, en considérant qu'ils font partie de la vie du blog et que de toute façon ils ne sont que des révélateurs, des symptômes ? Les modérer a priori, décider de ce qui ne devrait pas défigurer mon blog ? Les supprimer après coup, au risque d'accroître le plaisir de leur auteur censuré ?
Toutes ces questions et bien d'autres (comme celle de l'anonymat), Liber Libri se les pose intelligemment et avec honnêteté.
A mon avis, il serait dommage que la bibliogosphère devienne un lieu lisse, consensuel, habité par la langue de bois et la peur de la Loi. Je préfère donc prendre donc le risque de traverser parfois en dehors des clous, sans oublier bien sûr de regarder à droite et à gauche - c'est mon côté Inspecteur Gadget.